Notre histoire

Au cœur des perspectives offertes par la révolution des micro-ordinateurs, Nigel Harris avait une idée si grande qu'il a décidé de construire une entreprise autour d’elle.

Cette idée, c’était de concevoir un système comptable automatisé par ordinateur. Aujourd'hui, nous tenons de tels systèmes pour acquis, mais en 1975, une telle idée était révolutionnaire.

À l’époque, Harris était directeur de district pour Litton Electronic Business Systems (LEBS), unité de la société McBee, elle-même division de Litton Industries, un conglomérat dont le siège social est situé aux États-Unis. L’idée de Harris était de concevoir un système comptable automatisé, mais McBee était une entreprise de systèmes manuels qui n'avait pas d'expérience ni d'appétit de changement dans cette direction.

Par chance, les dirigeants de McBee ont constaté le décalage entre la compréhension et l'ambition, et ont pris des dispositions pour que LEBS soit réassignée à Sweda International – fabricant de caisses enregistreuses appartenant à Litton Industries – à la fin de 1975.

À ce moment-là, Harris et son équipe de LEBS avaient un produit embryonnaire et quelques clients. Ces clients étaient facturés de façon inhabituelle : ils devaient payer des frais récurrents à LEBS pour le soutien matériel et logiciel.

Fort de ses premiers succès, Harris savait que le prochain défi consistait à financer le coût de développement de produits pouvant fonctionner avec du matériel et des logiciels souvent obsolètes que possédaient ses clients. Toutefois, la direction de Sweda était concentrée sur les caisses enregistreuses et ne pouvait voir d’avenir pour les ambitions démesurées de Harris.

Alors, Harris décida de rester fidèle à sa vision, et fit une offre pour acheter LEBS de Sweda et Litton. Une nouvelle entreprise – dont il serait propriétaire – prendrait la responsabilité pour tous les contrats, les employés et les stocks de LEBS.

Cette fois, son ambition a porté fruit. Après des mois de travail, son offre a été acceptée, et en juillet 1976, LEBS est devenue la N. Harris Computer Corporation. Et Nigel Harris en devint le premier directeur général.

Au même moment, le rythme de changement dans le domaine des ordinateurs et des logiciels s’accélérait. Harris s'est retrouvé à faire du rattrapage presque dès le début. Le problème, c’était avec l’équipement de Litton. Il était déjà obsolète. Alors, Harris et son équipe ont décidé de concentrer leurs activités autour de deux idées simples : terminer le travail commencé pour les clients, et passer du temps avec eux et des clients potentiels afin de comprendre les besoins émergents de leur secteur lié au domaine des logiciels commerciaux, encore à ses débuts.

Le plus gros changement semblait résider dans les outils de saisie de données, à l'opposé des cartes perforées, pour une entrée directe à partir d’un terminal à rayons cathodiques opéré par l'utilisateur. Seules les grandes entreprises pouvaient prendre en charge la R et D et les coûts en capital pour développer et fabriquer les nouveaux équipements. Étant donné qu’Harris Computer était encore petite et avait besoin de construire son image de marque, l’équipe de direction a décidé d’entreprendre l’avenir avec un partenaire. Harris croyait également que d’être proche de son partenaire en équipement lui permettrait d’établir une relation plus collaborative et centrée sur le partenariat. C'est en gardant ces principes à l'esprit qu’elle s’est rapprochée et a établi des partenariats avec Digital Equipment Corporation (DEC) située à Ottawa.

Ce qui n'a pas changé, c'est la pratique des clients qui achetaient du matériel informatique à une société et des logiciels personnalisés à une autre. Malheureusement, les incompatibilités de quelque nature que ce soit conduisent généralement les deux vendeurs à se pointer du doigt, le client étant le perdant. Nigel Harris avait une autre idée : et si le client se faisait offrir une expérience de soutien unique combinant à la fois l’équipement et le logiciel?

Le marché a été très réceptif et Harris a alors commencé à prospérer. La combinaison de logiciel personnalisé et de soutien logiciel sur la plateforme DEC a donné à Harris une longueur d’avance et un avantage concurrentiel puissant.

Toujours en réflexion, Nigel Harris s’est rendu compte que les projets de personnalisation logicielle s'enlisaient souvent dans les activités nécessaires à la finalisation des derniers 10 % du code. La réussite résidait dans la différence entre un client mécontent et un client satisfait qui vous recommande.

Il a également remarqué que de nombreux clients achetaient de nouvelles applications qui n’avaient pas encore été écrites. Il y avait un écart entre les attentes des clients pour un tel code et ce que le fournisseur était en mesure de livrer. La dimension de cet écart – et sa direction – avait un impact sur la satisfaction de la clientèle et la marge de profit d’une entreprise logicielle.

Le défi consistait à éliminer cet écart une bonne fois pour toutes. Harris Computer y est parvenu en s’éloignant de ses racines. La solution était simple et puissante : si une entreprise pouvait concevoir un logiciel qui répond à la plupart des besoins d’un grand nombre de clients sans devoir repartir à zéro chaque fois, elle pouvait également investir dans la conception de logiciels qui dépassent les attentes des clients en tenant compte de leurs processus opérationnels et de leurs cas d'utilisation bien précis.

Aujourd’hui, nous appelons cela des logiciels pour marchés verticaux. À cette époque, cela s’appelait une pensée inspirée.

Mais Harris n'avait pas encore de marché vertical à servir. Avec son équipe, il a commencé à chercher un marché vertical unique, complexe, avec une concurrence minimale, ce qui constituait un terrain fertile pour la croissance. La réponse lui est venue par téléphone.

L’appel provenait du vice-président des ventes de DEC. Situé en face d’une manufacture de DEC, un service public d'électricité local avait externalisé la facturation de ses clients vers un centre de données mais voulait la ramener à l’interne. DEC était en discussions avec le service public pour l’utilisation de son équipement, sans succès. Le service public semblait s’orienter sérieusement vers une solution d’IBM alliant l’équipement au logiciel.

DEC n'allait pas rester sans rien faire pendant qu'un rival installait un produit concurrent littéralement en face de l'une de ses plus grandes installations. DEC a donc décidé de relever son niveau de compétitivité de plusieurs crans en faisant au service public une offre incroyable : donner l’équipement nécessaire, mais seulement si Harris consentait à concevoir et à prendre en charge un système de facturation qui fonctionnerait sur cet équipement.

Nigel Harris a pu constater la valeur potentielle de cette perspective. Cependant, il fit rapidement une vérification au préalable afin de valider son opinion selon laquelle l'industrie des services publics était la bonne cible pour déployer sa nouvelle façon d'écrire et de facturer les logiciels.

Cette vérification diligente a pris la forme d'une étude sur le vaste marché des services publics de l’Ontario. Harris s’est rapidement rendu compte que la plupart des services publics utilisaient des solutions de facturation externalisées. Une meilleure offre en persuaderait plusieurs de retransférer les fonctions de facturation vers l’interne. De plus, Harris a découvert que d’autres besoins d’affaires pourraient être comblés par le logiciel, indiquant la présence de possibilités de croissance dans les services publics au-delà de la facturation.

En partenariat avec DEC, Harris a décidé de faire cette offre. Il s’agissait d’un effort monumental à fournir, mais la décision de mettre son nouveau modèle d’affaires en œuvre et de se concentrer sur les services publics était un coup de maître. L’idée a été acceptée avec enthousiasme par les petits et grands services publics, tout en voyageant bien – vers les Caraïbes, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Mais Harris hésitait en regardant vers le sud en direction du marché américain. Plus vaste et plus complexe que le marché canadien des services publics, ce marché avait des besoins très différents et un nouvel éventail de concurrents. Harris Computer avait constitué une équipe de professionnels du logiciel qui a triomphé sur les marchés du Canada et du Commonwealth. Toutefois, s'attaquer aux États-Unis signifiait la création d’un nouvel échelon de capacités et de forces financières. Comme auparavant avec DEC, Nigel Harris a décidé de trouver le bon partenaire.

Arrivent alors Mark Leonard et Constellation Software.

En 1996, vingt ans après la fondation de N. Harris Computer Corporation, Nigel a vendu l’entreprise à Constellation Software Inc., amorçant ainsi le chapitre suivant.

AAprès la vente à CSI, Nigel Harris est devenu un entrepreneur en série, lançant des entreprises sur de multiples marchés. Il n’a toutefois jamais perdu le contact avec sa première création, en disant : « Après toutes ces années, je suis reconnaissant pour le travail que Constellation et l'équipe de direction de Harris ont accompli avec mon bébé. Chaque fois que je passe devant les bureaux de Harris, je ressens un grand sentiment de fierté. »

Restez à l'affût car notre histoire continue d'être racontée...